La sécurité en Horse-Ball, où en est-on ?

21 janvier 2014

Les étapes des différents championnats fermés se suivent … et se ressemblent ! Les accidents se multiplient et la question de la sécurité doit revenir irrémédiablement sur le tapis. Dressage des équidés, philosophie de jeu, présence des secours sur place, comportement des arbitres … en horse-ball comme dans toutes les autres disciplines, l’environnement doit être aménagé pour réduire au maximum le risque objectif. Depuis sa naissance, le horse-ball a incontestablement progressé dans la matière, mais des questions légitimes se posent. Comment l’environnement sécuritaire s’adapte-t-il à l’évolution du jeu ? Est il encore en adéquation au horse-ball d’aujourd’hui ? Nous tenterons ici d’établir différents constats et de mettre en évidence les lacunes qui entourent les terrains de notre discipline favorite. Avant de répondre à ce questionnement, il convient de définir clairement ce qu’est la sécurité. À chaque instant de notre vie, 3 types de sécurité nous entourent. Il y a avant tout la sécurité active. Dans le quotidien, il s’agit par exemple des rambardes qui empêchent votre voiture de dégringoler d’une falaise en cas de perte de contrôle, ou encore la barrière qui entoure une piscine pour empêcher nos jeunes bambins de se noyer… etc. Autrement dit, il s’agit de tous les éléments qui sont sensés assurer la sécurité d’un autre élément. En horse-ball, les structures gonflables ou encore l’arbitre sont garant de la sécurité active. Ensuite, il y a la sécurité passive. La sécurité passive est également présente à tout instant dans nos vies. Il s’agit du standardiste au SAMU ou aux pompiers qui se tiennent prêts à répondre et à envoyer une équipe d’urgence. Ces équipes d’urgence qui se tiennent prêtes relèvent également de la sécurité passive. Autrement dit, il s’agit de tous les éléments qui surviennent depuis l’accident jusqu’à la prise en charge de l’éventuel blessé par les professionnels compétents. En horse-ball, il s’agit de l’éventuelle ambulance présente sur les lieux de la compétition, ainsi que le médecin urgentiste dont la présence est obligatoire. Il y a enfin la sécurité tertiaire, qui nous intéressera moins, qui consiste en la prise en charge post accident du ou des blessés.

Dans un premier temps, nous détaillerons les éléments qui déterminent la sécurité active lors d’un match de horse-ball et nous tenterons de voir quelles sont les lacunes et évolution à apporter face à une discipline qui évolue … au tripe galop !

Puis, nous porterons le débat sur la sécurité passive et plus précisément sur les subtilités règlementaires dans ce domaine dans notre discipline.

SÉCURITÉ ACTIVE : Un progrès immatériel plutôt que matériel à opérer

Nous pourrions ici nous éterniser sur les protections qui assurent au mieux l’intégrité physique des petites pattes de nos amis les chevaux, ou encore sur les genouillères qui nous sauvent parfois la mise. Depuis son institutionnalisation, le horse-ball a fait d’énormes progrès, en parallèle avec les avancées en terme de protection.

Mais sur le point matériel de notre première partie, notre attention doit se porter sur le matériel qui protège un organe essentiel de notre corps : le cerveau. Le casque est peut-être le seul matériel sur lequel il ne faut pas aller voir le bas de gamme. Lorsque vous achetez votre casque, assurez-vous qu’il soit bien aux normes européennes. La plupart des casques subissent des crash test avant d’être commercialisés. Ce sont ces crash tests qui permettent de prendre toute une batterie de mesures qui permettent de dire si le casque est apte à sauver la mise de notre boite crânienne en cas de choc violent.

Forcément, une interrogation doit venir titiller notre esprit : qu’en est il de nos chers casques LAS ? Officiellement, les LAS sont présentés comme la référence en horse-ball. Pourtant, personnellement, une question, plus, un doute plane dans mon esprit. J’ai été moi même le possesseur d’un casque LAS. Un jour, alors que j’étais à pied que que je portais mon casque dans mes mains, ce dernier m’échappe. Là, stupeur : le casque s’est fendu ! Par ailleurs, régulièrement, nous voyons la coque se décoller du reste suite à une petite cravate dont certains ont le secret, laissant le cavalier avec une drôle de perruque noire peu commode pour continuer le jeu … . Pire, de nombreuses chutes donnent lieu à des pertes de connaissances plus ou moins longues, et à chaque fois, un LAS sur la tête. Hasard ? Pas hasard ? Impossible de le dire, mais se procurer un casque dont la coque ne se détache pas au moindre tiraillement semble plus judicieux.

Mais au delà des conditions matérielles, qui semblent avoir évolués dans le bon sens avec l’accélération du jeu (matelas gonflables, zones de sécurités plus large pour les soigneurs en circuits fermés où le jeu est plus rapide …), c’est surtout dans la philosophie de jeu, l’attitude des joueurs et le dressage des équidés que le plus gros travail en terme de sécurité active reste à faire. Plus vite, plus fort, moins de contrôle = plus d’accidents. En temps que spectateur du niveau pro élite de la discipline, nous sommes trop souvent témoins de chevaux qui se cabrent en situations arrêtées. En descendant dans les niveaux, cela ne s’arrange pas. Heureusement, la majorité des chevaux restent bien dressés et pas dangereux. Certains n’ont même pas grand chose à envier aux chevaux de dressage. Mais il suffit d’une brebis galeuse … et ici il ne s’agit pas que d’une brebis … .

Et que dire sur ce qui se passe dans la tête de certains joueurs sur certaines phases de jeu ? L’attaquant qui lance son cheval au maximum, sachant pertinemment qu’en cas d’urgence il ne pourra pas s’arrêter ? Et le défenseur qui malgré tout n’hésite pas à aller lui couper la route ? Oui, l’esprit de compétition nous pousse parfois à faire des choix aux limites de la raison, mais ne nous y méprenons pas, il ne s’agit que de horse-ball, sport anecdotique. Non, le jeu n’en vaut pas la chandelle. Pourtant, ces comportements là existent même s’ils restent assez rares (heureusement !).

Et qui de mieux placé que le corps arbitral pour atténuer ce type de comportement ? Quid de l’avantage en horse-ball ! Le règlement reste vague sur ce point. Jusqu’où laisser l’avantage ? Oui, laisser l’avantage permet plus de vie au jeu, c’est indéniable, et pour les « petites » fautes, nul doute que l’avantage … a ses avantages ! Et pour ce qui est des grosses fautes, la question se pose. On est tenté de dire que non, il faut siffler et mettre P1. Et très franchement, c’est ce que font les arbitres. La problématique est en fait ailleurs. Revenons sur nos « petites fautes ». Les arbitres doivent être capables de prendre la température du match, d’analyser le comportement des joueurs pour éviter l’escalade de la violence. Clairement, il faut de la fermeté dès le début du match, se placer comme le commandant du jeu, n’en déplaise à certains joueurs. Mais attention à l’excès d’autorité également ! Un arbitre trop autoritaire et touché par la sifflite aigüe risque d’augmenter l’insécurité en énervant les joueurs. Autrement dit, l’arbitre doit avoir beaucoup d’esprit pour maintenir la température dumatch à un degré acceptable de tension, permettant aux joueurs de rester lucides dans leurs choix. En gros, être arbitre, c’est (très) difficile.

Les progrès en terme de sécurité active semblent donc devoir se porter sur l’attitude des joueurs et des arbitres, sur la philosophie de jeu (stop au tout droit quelque soient les obstacles !) ; plus que sur le matériel en lui même qui lui est (presque) toujours à la hauteur des exigences. Peut-être faut-il enlever les matelas gonflables pour empêcher les plus rugueux de compter dessus pour stopper leur monture … . Après tout, nos aïeux jouaient sans et ne se portaient pas plus mal … .

Mais cette dernière affirmation sur les conditions matérielles peut être nuancée. Si le contexte matériel des matches des circuits fermés semble propice à la pratique de notre sport, celui qui entoure les rencontres régionales est parfois à revoir, notamment sur la sécurité des spectateurs et des soigneurs. Barrières de ville, zone de sécurité non respectée … souvent la sécurité active reste à désirer lors des ces évènements. Mais comme on dit, on fait avec ce qu’on a. Jusqu’à présent pas de gros accident à signaler. Bien, mais jusqu’à quand ?

SÉCURITÉ PASSIVE : que dit le règlement ?

Il ne dit jamais que la présence d’une ambulance est obligatoire, en tous les cas pas dans les circuits régionaux. En revanche, celle du médecin urgentiste l’est. Heureusement, la plupart des organisateurs prévoient malgré tout une ambulance présente sur les lieux … mais pas toujours ! La raison ? L’argent ! Et oui, mobiliser un médecin toute une journée est déjà très coûteux (50€ de l’heure en moyenne), alors mobiliser un médecin + une ambulance … . Mais la sécurité, qu’elle soit passive ou active, n’a pas de prix. Le jeu en vaut-il la chandelle ?

Une bonne sécurité passive peut permettre de changer la vie d’une personne. En cas de perte de connaissance, et pire, d’un arrêt respiratoire, pas besoin d’être médecin pour savoir que chaque seconde compte. Alors pourquoi se priver, quel qu’en soit le prix ?

Mais comme dit précédemment, la plupart des organisateurs font fort heureusement l’effort financier, mais pourquoi alors ne pas tout simplement l’imposer ?

Sur le fond de cette réflexion, l’optimisme doit demeurer. Les joueurs et les arbitres ne sont pas des robots et semblent percevoir les messages qui fusent des tribunes via le forum de WHBO. Place à la mise en pratique …

Loic SEGEAR

2014-01-21 22:22:00


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