Le horse-ball n’est rien sans les... arbitres : Gildas Lefort

2 novembre 2015

Fréquemment critiqués, trop rarement remerciés, les arbitres jouent un rôle pourtant primordial pour le horse-ball. Ce sont aussi des acteurs essentiels pour le bon développement de ce ’’jeune sport’’.
C’est pourquoi nous avons décidé de mettre en valeur les arbitres, en vous proposant des interviews de ces justiciers des terrains !

Interview :

Pouvez-vous vous présenter ?

Je suis Gildas LEFORT, arbitre National Élite. Première saison de horse ball en 1979. Plusieurs titres de champion de France, Coupe de France , Champion d’Europe. Professeur D’EPS et père de famille avec qui nous partageons la passion du horse ball.

Pourquoi avez-vous décidé de faire arbitre ? Comment vous êtes vous formé ?

Je me suis intéressé à l’arbitrage dès que je me suis investi dans la formation de jeunes joueurs. Il me semble important que cette formation associe un bonne connaissance du règlement pour être complète. Il y a trop de joueurs qui n’ont qu’une approche superficielle de cet aspect de notre sport et cela en perverti parfois l’esprit. C’est une déformation professionnelle qui m’amène sans doute à cette analyse !
La formation c’est faites sur le terrain principalement. Mais certaines rencontres ont été importantes. Je pense entre autres à Yves Verrier qui a influencé très certainement ma manière de voir les choses.
Je propose depuis quelques années (notamment en Espagne) une formation qui s’oriente de plus en plus vers les processus qui permettent à l’arbitre de prendre une décision. Le premier règlement que j’ai lu (il y a quelques décennies...) faisait un ½ A4... Il est maintenant beaucoup plus fourni et précis, mais également plus complexe...

(image d’illustration ©ReflexHorseball)

Quelles catégories arbitrez-vous ? Quels événements ?

Je suis intervenus ces dernières années à tous les niveaux. En Pro Élite, Pro, Amateurs, Club et Jeunes, ainsi que régulièrement sur les compétitions internationales.

Selon vous, dans quelles catégories les fautes sont les plus fréquentes ?

L’évolution du horse ball s’est faite aussi par l’amélioration des qualités sportives des cavaleries. Il y a maintenant sur les terrains des chevaux de sport qui sont capables d’atteindre beaucoup de vitesse. Mais ces cavaleries sont parfois surdimensionnées. C’est l’origine de quelques incidents que j’ai observé sur les terrain, toutes catégories confondues. Il est important que l’engagement du cheval soit cohérent avec le niveau équestre et de maîtrise du joueur.
Les fautes qui me font le plus « peur » sont bien entendu celles qui sont liées aux trajectoires (Fautes offensives ou de placement des défenses). Mais heureusement ce ne sont pas les plus fréquentes !
Même s’il est évident que toute faute n’est pas intentionnelle, il faut faire en sorte que l’esprit du jeu et la loyauté soit préservées dans notre sport. Mais ce n’est pas la responsabilité exclusive des arbitres. Joueurs, entraineurs ou coach, supporters sont aussi impliqués...

Quelle est la situation la plus compliquée à laquelle vous avez dû faire face pendant un match ?

Les coups de sifflets n’ont pas le même poids, notamment en fonction de l’intensité des confrontations. Les dernières secondes de la finale Bordeaux CEEC en finale de la champions league en 2010 à Montpellier ont été assez compliquées. Matchs serrés, Intensité de l’engagement physique, public très présent et suspense important ... Tous les ingrédients pour rendre l’atmosphère bouillante ! Les joueurs attendent dans ces dernières secondes de confrontation des décisions rapides et claires de l’arbitre, ce qui est légitime. La cohérence avec l’arbitre de chaise est alors très importante.
Mais les situations les plus critiques sont celles qui font suites à des accidents. L’arbitre culpabilise souvent dans ces cas-là, mais une fois encore il n’est pas le seul responsable des problèmes de sécurité. Il faut que tous les acteurs d’un match se mobilise pour réduire au maximum les risques, de l’organisateur jusqu’aux joueurs sans oublier l’encadrement.

Quelle est votre meilleure expérience, le match que vous avez préféré ?

L’arbitre ne sort jamais « gagnant » d’un match... Il peu comme les joueurs faire un bon ou un mauvais match. Dans le meilleur des cas, sa prestation est « normale ». Cela n’a rien à voir avec la satisfaction de gagner une confrontation (là, c’est le coach et l’ancien joueur qui parle !)
On aime bien intervenir sur des matchs importants de haut niveau, mais j’ai eu de véritables satisfactions en tant que responsable sur les terrains Poussins de LAMOTTE avec quelques amis qui partageaient le désir d’une prestation de qualité pendant toute la durée de la compétition sur ce petit terrain. Je les en remercie encore pour ces expériences enrichissantes !

(image d’illustration ©LouBaës)

Quels sont les points clés sur lesquels l’arbitrage devrait s’améliorer ?

J’ai toujours entendu les mêmes remarques depuis des années... Différence d’arbitrage Nord/Sud, Incompétence des arbitres... Je pense que tous les joueurs n’ont pas la discipline qu’il réclament tous les weekend aux arbitres ! Mais cela fait partie du paysage...
Je pense par contre que les arbitres doivent respecter certains points importants : Associer chaque intervention avec une explication de la décision en « direct live » pendant les matchs. Rester neutre et accessibles. 
C’est sur le statut de l’erreur d’arbitrage qu’il est important de réfléchir. Soit on considère que l’arbitre a toujours raison : dans ce cas, la communication est vite fermée et stérile. Soit on considère que l’on puisse faire des prestations plus ou moins bonnes : Dans ce cas, comme tout sportif, on doit chercher à être plus efficace.
La connaissance du règlement ne suffit plus, même si elle est importante. C’est sur les processus qui amènes l’arbitre à intervenir qu’il faut évoluer. Comment prendre une décision rapidement face à des faits de jeu en évitant le plus possible d’être « pollué » par autre chose que le jeu ? Les débriefings faits en fin de journées en Pro élite avec le cadre technique FFE, un représentant des joueurs et des entraineurs vont dans ce sens.

Quelques mots pour encourager les personnes à se lancer dans l’arbitrage ?

« Bon courage » !...
Plus sérieusement, je conseille aux personnes voulant se lancer dans l’arbitrage de prendre le temps d’une réflexion sur leurs motivations réelles. La situation d’arbitrage peut entrainer stress et déception si l’on n’est pas au clair avec cela. Dans tous les cas l’aspect financier est bien évidement à mettre de côté ! (Ah vous ne le saviez pas ?)
En ce qui me concerne, c’est un moyen de poursuivre l’accompagnement d’une discipline qui a rythmé plus de trente années !

2015-11-02 17:26:11


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